Irréprochable

Mes Imitateurs

Irréprochable

5 décembre 2008

Au Cameroun, il y a une phrase que les congrégations entendent souvent de leurs pasteurs : « Ne faites pas ce que je fais, faites ce que je dis. » Le conduit personnel des pasteurs est sans doute répréhensible, mais ils échappent le blâme en disant aux autres de se séparer leur prédication avec leur manière de vivre. Dans un sens il est vrai que la parole de Dieu va toujours rester « vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du coeur.» (Heb 4.12). Mais dans un autre sens, le conduit d’un pasteur et son message sont indivisibles. Dieu exige que le pasteur (1) soit un modèle dans son conduit, pas seulement dans ses paroles, (2) qu’il soit irréprochable, et (3) qu’il reçoive un bon témoignage de ceux du dehors. S’il manque ces qualités, il peut être rejeté après avoir prêché aux autres. Le but de ce papier est d’aider les pasteurs et les congrégations à voir l’importance de la vie irréprochable d’un pasteur.

I. « Soit un modèle  » 1 Tim 4.12.

Paul n’avait pas hésité à présenter lui-même comme un exemple aux croyants : « Je vous en conjure donc, soyez mes imitateurs » (1 Cor 4.16). « Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ » (1 Cor 11.1). « Soyez tous mes imitateurs, frères, et portez les regards sur ceux qui marchent selon le modèle que vous avez en nous » (Phil 3.17). « Vous savez vous-mêmes comment il faut nous imiter, car nous n’avons pas vécu parmi vous dans le désordre » (2 Th 3.7).  « Nous nous rendons recommandables à tous égards, comme serviteurs de Dieu… par la pureté » (2 Cor 6.4,6). Le fait d’être un modèle n’était pas seulement pour l’apôtre Paul. Il a dit aussi à Timothée, d’être un modèle pour les fidèles : « Que personne ne méprise ta jeunesse; mais sois un modèle pour les fidèles, en parole, en conduite, en charité, en foi, en pureté » (1 Tim 4.12). Il a encouragé Tite aussi d’être un modèle dans ses oeuvres et dans son enseignement : « te montrant toi-même à tous égards un modèle de bonnes oeuvres » (Tit 2.6-8). L’auteur aux Hébreux a également souligné l’importance de la vie de leurs conducteurs en demandant aux lecteurs: « imitez leur foi » (Heb 13.7). Pierre aussi encourage les pasteurs de « Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde . . . en étant les modèles du troupeau » (1 Pie 5.2-4). Chaque Pasteur doit réfléchir sur sa propre vie face à ces passages. Nous devons être les modèles. Nos vies doivent refléter ce que nous prêchons.

Pourquoi devons-nous être les modèles ?  Dans 2 Corinthiens 6.4, Paul dit qu’il ne veut pas donner aucun sujet de scandale en quoi que ce soit, afin que « le ministère ne soit pas un objet de blâme. »  Imaginez les implications pour son ministère si Paul a chuté moralement. Dans Tite 2.6-8, Tite devrait être un modèle « afin que l’adversaire soit confus, n’ayant aucun mal à dire de nous. » Timothée aussi devrait être un modèle pour qu’il ne soit pas méprisé. (1 Tim 4.12). Et l’évêque doit avoir un bon témoignage de ceux de dehors, « afin de ne pas tomber dans l’opprobre et dans les pièges du diable » (1 Tim 3.7). Un modèle ne peut pas avoir les taches et les reproches dans sa vie pour que sa vie ou son ministère ne soit pas un objet de blâme. Les prédicateurs qui ne sont plus des modèles apportent le reproche et, comme Augustin dit, « en méprisant le prédicateur, ils apprennent à mépriser la parole qui est prêchée. »

II. « Soit irréprochable » 1 Tim 3.2.

Dans les deux passages qui traitent les qualifications des pasteurs, (1 Tim 3.1-7; Tite 1.5-9), Paul souligne trois fois l’importance de son témoignage en utilisant deux mots en grec: anepilempton (1 Timothée 3.2) et anegkletos  (2x dans Tite 1.6-7).  Les deux mots sont traduits par un seul mot « irréprochable » en français.  Dans les deux listes, cette qualification est la première, montrant son importance aux yeux de Dieu.

A. Irréprochable, anepilempton

Le premier mot grec, anepilempton, traduit « irréprochable, » se trouve deux autres fois dans notre NT, (1 Tim 5.7, 6.14).1 Dans 1 Timothée 6.14 nous voyons un synonyme (aspilon) qui signifie “sans tache.” Ce mot se trouve trois autres fois dans le NT:, dans Jacques 1.27 ou le mot est traduit par la phrase « préserver des souillures » et dans 1 Pie 1.19 et 2 Pie 3.14, ou il est encore traduit « sans tache. »

Les racines du mot anepilempton sont: an, epi, lambano. Le mot grec “epilambano” qui se trouve 19 fois dans nos NT, a l’idée de saisir physiquement avec la main : « Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Matt 14.31). Ce mot est aussi utilisé dans le sens figuratif comme « saisir la parole. » Les principaux sacrificateurs et les scribes se sont mis à observer Jésus pour « saisir de lui quelque parole » (Luc 20.20). Mais « Ils ne purent rien reprendre (epilabesthai) dans ses paroles devant le peuple » (Luc 20.26). Mettant le préfixe « an » devant ce mot nous donne l’idée de quelqu’un qui n’est pas capable de saisir quelqu’un ou quelque chose.

Alors, pour que l’évêque soit irréprochable il est nécessaire que personne ne le saisisse dans son conduit, que personne ne trouve une croche dans sa vie présente ou passée.  Il devrait être sans tache aux yeux de ceux qui l’approuvent.

B. Irréprochableanegkletos

Un autre mot grec est utilisé deux fois dans Tite 1.6-7 pour montrer l’importance de son témoignage.  On peut trouver ce mot trois autres fois dans nos NT : 1 Cor 1.8, Col 1.22; et 1 Tim 3.10.  Ce mot  parle d’une personne qui n’est pas suspecte, à qui il n’est pas demandé de comptes. » Dans Colossiens 1.22  le mot  est traduit « sans reproche » et est placé avec deux autres mots : « saints et irrépréhensibles, » montrant qu’il y a un lien entre la sainteté et le fait d’être sans reproche.  Hiebert dit, « il faut que son passé et son présent n’aient jamais donné lieu à une accusation. »

Dans Tite 1.7, la phrase « il faut que l’évêque soit irréprochable »  est directement suivie par la phrase « comme économe de Dieu, » montrant encore la raison pour laquelle il est un modèle. Un économe de Dieu est un serviteur qui appartient à Dieu et qui est son représentant. Dieu l’envoie, Dieu le confie avec des responsabilités. Tout ce qu’il fait est de Dieu: il prêche les paroles de Dieu, il donne les conseils de Dieu, et il Le représente ici sur la terre.  Hiebert souligne le fait l’économe est « directement responsable devant Dieu . . . . ceci exige de lui qu’il se conforme aux exigences morales et spirituelles les plus hautes. »  Dans 1 Corinthiens 4.2, Paul nous dit, « ce qu’on demande des dispensateurs, c’est que chacun soit trouvé fidèle. » Un tel dispensateur devrait refléter son Dieu, pas seulement dans son caractère, mais dans ses actions. Paul présent la même idée dans 2 Corinthiens 6.4 ou il dit: « Nous nous rendons recommandables à tous égards, comme serviteurs de Dieu. »

Parce qu’il était le serviteur de Dieu, il devrait montrer aux autres que son service était de Dieu, pour Dieu, et par Dieu. Il n’a pas voulu être un scandale, « afin que le ministère ne soit pas un objet de blâme » (2 Cor 6.3).

III.  « Un bon témoignage » 1 Tim. 3.7.

Dans les listes des qualifications, Paul souligne un autre aspect de son témoignage qui est très important : le témoignage de ceux du dehors. Il est intéressant que Dieu ne veuille pas qu’on prenne seulement le perspectif des gens dans l’église pour déterminer le témoignage d’un pasteur. Il faut aussi consulter ceux du dehors. « La réputation de l’évêque doit être telle que “ceux du dehors”, dans leur ensemble, donne de lui un “bon témoignage”, parlent favorablement de lui, en considérant sa droiture, son intégrité, sa pureté. »  Dieu commence la liste des qualifications avec la recommandation qu’il soit irréprochable, et il termine la liste avec la même idée montrent combien le témoignage d’un pasteur est importante.

Pour déterminer ce qui peut rendre un pasteur disqualifié de son ministère, nous devons regarder ce que les Écritures nous dites par rapport aux péchés qui causent un homme de ne plus être irréprochable. La Bible nous indique que les péchés sexuels sont dans une classe à part à cause des conséquences dans le témoignage. Aucun autre péché ne peut toucher le témoignage d’une personne comme l’adultère. « Mais celui qui commet un adultère avec une femme est dépourvu de sens, celui qui veut se perdre agit de la sorte; l n’aura que plaie et ignominie, et son opprobre ne s’effacera point » (Prov 6.32-33). Paul demande que le péché sexuel ne soit pas même nommé parmi les Éphésiens : « Que l’impudicité, qu’aucune espèce d’impureté, et que la cupidité, ne soient pas même nommées parmi vous, ainsi qu’il convient à des saints » (Eph 5.3). Cela nous indique combien ce péché est sérieux aux yeux de Dieu.

Suivant immédiatement l’exigence d’être « irréprochable » dans 1Timothée 3.2, nous trouvons la phrase, « mari d’une seule femme. »   La phrase pourrait être traduis, « une femme homme. » Le pasteur devrait avoir seulement une femme dans sa vie. S’il a une autre, il est disqualifié. La position de cette qualification est très importante. Il nous montre une application immédiate de quelqu’un qui est irréprochable.

Bien que ses péchés peuvent être pardonnés, les conséquences restent pour toujours. Prenez comme exemple les rois David et Salomon. David a péché, et il été pardonné, et il a continué à fonctionner comme un roi, mais Dieu a laissé dans sa parole cette tache pour servir comme un avertissement aux autres : « Car David avait fait ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, et il ne s’était détourné d’aucun de ses commandements pendant toute sa vie, excepté dans l’affaire d’Urie, le Héthien. » (1 Roi 15.5). Salomon aussi: « N’est-ce pas en cela qu’a péché Salomon, roi d’Israël? Il n’y avait point de roi semblable à lui parmi la multitude des nations, il était aimé de son Dieu, et Dieu l’avait établi roi sur tout Israël; néanmoins, les femmes étrangères l’entraînèrent aussi dans le péché.» (Néh 13.26.)

IV. « De peur d’être moi-même rejeté » 1 Cor 9.2.

Est-ce qu’il est possible pour un pasteur d’être disqualifié du ministère ?  Paul dit oui, si on regarde 1 Corinthiens 9.27. « Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres. »

Le mot « rejeté » est le mot « adokimos » qui signifie quelque chose qui est rejeté après avoir inspecté. Comme cela ne peut pas référer au salut de quelqu’un, Paul devrait parler de son propre ministère. Dans le contexte les seules personnes qui peuvent le rejeter c’est les autres à qui il a prêché. Aussi, si on regarde les qualifications dans 1 Timothée et Tite, on doit poser la question : pourquoi les qualifications si on ne peut pas être disqualifié ?

Qu’elle est la réponse de l’Église en ce qui concerne la position des pasteurs qui ont chuté moralement ? Aujourd’hui nous voyons trois réponses : (1) restauration immédiate, (2) restauration après probation, (3) disqualification de son ministère.  Pour arriver à une conclusion biblique, il faut poser quelques questions du pasteur qui a chuté moralement : est-ce qu’il peut être encore un modèle en pureté, est-ce qu’il est irréprochable, est-ce qu’il a un bon témoignage de ceux de dehors ? Pour les péchés sexuels, nous devons dire catégoriquement non ! Voyons les mots de John MacArthur à propos de ce sujet :

« J’avais reçu des requêtes des églises demandant si notre église a des manuels où des guides écrits montrant la procédure à suivre pour la restauration des pasteurs qui ont chuté moralement. Nous avons dû dire que nous n’avons pas une telle chose parce que nous croyons que la Bible enseigne clairement que quand un homme échoue dans le domaine de la moralité sexuelle, il n’est plus qualifié pour le ministère pastoral. . . . Le niveau de Dieu ne peut pas être s’abaisser par égard de la compassion. Il ne faut pas le faire, parce que nous pouvons être affectueux, indulgents, pleins de bonne grâce et gentils sans compromettant ce que Dieu a dit au sujet du caractère des hommes qu’il veut diriger son église. Toutes les batailles pour l’intégrité des Écritures sont en vain si les prédicateurs de l’Église sont corrompus et les brebis ne suivent plus leurs pasteurs comme les modèles de la sainteté. Il faut que l’Église ait des dirigeants qui sont sans reproche.  Moins de cela est une abomination à Dieu et sera une catastrophe pour la vie de l’Église. »

Le pasteur, comme le serviteur de Dieu et l’économe de Dieu, doit marcher d’une manière digne de son appel. S’il a chuté moralement, il n’est plus un modèle ni irréprochable, ni « un homme d’une seule femme, » et il n’a plus un bon témoignage de ceux de dehors. Son service public comme un leader spirituel devant l’Église est terminé. Il n’est plus qualifié selon les exigences de 1 Timothée 3 et Tite 1. Cela ne va pas dire que son service pour le Seigneur dans l’Église est aussi terminé. Non, cela va toujours continuer parce qu’il est ordonné, comme un chrétien, d’utiliser ses dons pour l’édification du corps de Christ. Un pasteur tombé, bien qu’il n’est plus dans un ministère public, devrait toujours chercher à être une aide pour les croyantes et un témoigne pour que ceux qui ne sont pas sauvés viennent à Christ. Malheureusement, cela ne peut plus être dans la position d’un pasteur ou ancien dans l’Église.

Conclusion :

Les premiers deux chapitres de 1 Thessaloniciens nous montrent un exemple positif de notre sujet. Dans 1 Thessaloniciens 2.1, Paul a dit que son arrivée « n’a pas été sans résultat. » Pourquoi?  Parce que la vie de Paul et ses compagnons étaient en accord avec leur prédication. Leur prédication: «  ne repose ni sur l’erreur, ni sur des motifs impurs, ni sur la fraude» (v .3).

Ils ont parlé: « non comme pour plaire à des hommes, mais pour plaire à Dieu qui sonde les cœurs » (v. 4).

Dieu était leur témoin que : « jamais ils n’ont eu la cupidité pour mobile » (v. 5).  Ils n’ont pas « cherché la gloire qui vient des hommes » (v. 6), ils ont été « pleins de douceur » (v. 7).

Ils auraient voulu:  « non seulement leur donner l’Évangile de Dieu, mais encore leur propre vie » (v. 8). Ils ont travaillé « nuit et jour à l’oeuvre, pour n’être à la charge d’aucun d’eux » (v. 9).

Paul a dit directement aux Thessaloniciens : « vous êtes témoins, et Dieu l’est aussi, que nous avons eu envers vous qui croyez une conduite sainte, juste et irréprochable. » (v. 10).

Le résultat :les Thessaloniciens ont reçu la parole de Dieu, « non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu (2.13). »

Quand nos vies, comme les serviteurs de Dieu, sont irréprochables, quand nous sommes des modèles, et nous avons un bon témoignage de ceux de dehors, nous pouvons avoir la confiance que notre parole ne sera pas rejetée ni mépriser, mais reçu comme la parole de Dieu. Que le Seigneur nous aide à être fidèles à notre appel et d’être des modèles a ceux qui cherchent la réalité derrière notre message!